#Biz talk: Quelles sont les opportunités et les défis majeurs auxquels les startups sont actuellement confrontés?

Nous avons eu le plaisir d’interviewer Raymond Schadeck, membre de notre conseil d’administration, qui a une grande expérience de l’audit mais qui est également administrateur professionnel dans plusieurs sociétés nationales et internationales telles que Luxinnovation ou la Banque Raiffeisen ou Intesa San Paolo Holding International. Très impliqué dans plusieurs projets sociaux, Raymond préside des associations caritatives et d’ONG locales. Raymond trouve sa motivation sur des sujets tels que les finances publiques durables, un système de retraite viable, de nouveaux marchés de niche, de nouveaux marchés pour un développement économique durable. Nous avons posé quelques questions à Raymond pour connaître son opinion sur l’écosystème des startups, surtout dans le contexte actuel, mais aussi ses réflexions sur les opportunités à venir pour les startups et ses principales recommandations.

Avec des années d’expérience dans l’audit et en tant que membre indépendant de plusieurs conseils d’administration au Luxembourg, que pensez-vous de la scène des start-ups au Luxembourg?

La promotion des start-ups est l’un des principaux moteurs de croissance et de diversification de l’économie luxembourgeoise, tant pour le gouvernement que pour les associations d’entreprises. Il suffit de se référer aux multiples initiatives du gouvernement, des associations d’entreprises ou des deux en partenariat qui ont pris de l’ampleur au cours de la dernière décennie. Citons par exemple Startup Luxembourg du ministère de l’Économie, la Maison des start-up de la Chambre de commerce, la fondation LHoFT, une initiative publique-privée, et bien d’autres encore. Et la liste des start-ups qui réussissent est de plus en plus longue. En tant qu’ancien président de Luxinnovation, j’ai également eu la chance de me rendre compte de l’attrait du Luxembourg pour les start-ups d’autres pays ainsi que de la super marque que le Luxembourg possède en tant que nation de start-up dans d’autres centres de start-up du monde.

Selon vous, quels sont les plus grands défis auxquels les start-ups doivent actuellement faire face?

Le plus grand défi pour les start-ups en général a toujours été d’obtenir le financement nécessaire pendant leur phase de développement. Avec la crise actuelle, cette situation ne va pas nécessairement s’améliorer, car les institutions financières privées pourraient avoir tendance à devenir encore plus sélectives et prudentes dans leurs décisions. L’autre défi auquel les startups sont souvent confrontées est l’adaptation de leur gouvernance à leur stade de développement respectif. En effet, de nombreuses start-ups sont le résultat d’un groupe de personnes ou d’amis, même avec des antécédents similaires, qui pensent de la même manière, ce qui peut être avantageux dans une phase initiale. Mais ce manque de diversité se transforme trop souvent en un énorme inconvénient dans les phases ultérieures de développement, où des concurrents ayant des origines, des expériences et des points de vue différents deviennent essentiels pour garantir que les plans de développement abordent toutes les facettes d’une entreprise prospère à moyen ou long terme.

Lors du webinaire organisé par la HoST, vous avez mentionné que les entreprises seraient soumises à une pression énorme pour fournir des produits/services plus durables. Comment les start-ups pourraient-elles saisir les opportunités liées à cette pression du public?

Je pense en effet que la crise actuelle est le lancement d’une nouvelle ère. En effet, la perception qu’ont beaucoup de gens de ce qui est important et de ce qui ne l’est pas a radicalement changé. La meilleure preuve en est les médias sociaux où les postes d’acquisitions non vitales ont été remplacés par des postes de nature, de famille, de passe-temps comme le jardinage ou la cuisine. Ou, comme j’ai eu récemment l’occasion de l’écrire dans une carte blanche de Paperjam, le mot “être” a repris le dessus sur le mot “avoir”. La durabilité est donc, à mon avis, la grande gagnante de cette crise, car elle a considérablement accru notre sensibilité à l’importance de prendre soin de la nature ainsi que de nos familles, de nos amis proches et des gens en général. En même temps, de nombreux gouvernements, comme celui du Luxembourg, ont découvert que cette crise est une occasion unique d’accélérer le plan d’action en faveur de la durabilité et ont même annoncé récemment, en toute transparence, que les aides publiques actuelles devraient être liées à des facteurs de durabilité pour l’avenir. Il ne faut en effet “jamais gaspiller une bonne crise”.

Et à moins que nous ne voulions revenir à la façon dont vivaient nos parents ou nos grands-parents, le développement durable ne peut être atteint que par la technologie, ce qui devrait être une excellente nouvelle pour de nombreuses start-ups.

Dans quels grands domaines les start-ups doivent-elles se concentrer et quel type de technologie serait le plus pertinent?

Surtout celles qui sont actives dans le domaine de la technologie et de la durabilité, mais aussi celles qui sont actives dans les secteurs qui bénéficieront de ce boom à venir, comme:

  • la technologie – y compris l’IA, la cybersécurité, … mais aussi les technologies aidant les entreprises industrielles et de services à devenir plus durables dans leurs processus de production et de livraison
  • communication – technologie mais aussi contenu … les gens en ont de plus en plus marre des fausses nouvelles
  • le secteur des soins de santé

Quel serait votre principal conseil aux entrepreneurs dans la situation actuelle?

Ne vous attendez pas à ce que le monde revienne à la normale. Réalisez que cette crise marque le début d’une nouvelle ère. Réfléchissez sérieusement et essayez de deviner quels défis mais aussi quelles énormes opportunités la période de transition que nous traversons va générer et pour cela vous devez parler à toutes vos parties prenantes de la façon dont elles envisagent leur avenir. Il est en effet prouvé que les premiers à agir dans une phase de transition sont toujours les grands, grands gagnants. Votre organisation doit donc être suffisamment légère pour s’adapter constamment aux changements de cette transition vers une nouvelle ère. Comme l’a récemment déclaré un de mes amis : “Il y a 5 ans, mon employeur m’a demandé où je voulais être dans 5 ans et je dois admettre que j’avais complètement tort!

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